Aujourd’hui, on peut créer du contenu en claquant des doigts : il suffit de rédiger un prompt sur un assistant IA comme ChatGPT, Claude ou Perplexity. La machine s’exécute et produit du texte à l’envi. Nombre d’entreprises se servent déjà de ce levier pour générer des contenus en masse, dans l’idée de booster leur visibilité, notamment sur les moteurs de recherche. Mais qu’en pense Google ? Le contenu généré par l’IA peut-il être pénalisé dans les résultats ? Quelle est la position du moteur sur ce sujet ? Et comment intégrer intelligemment ces outils à une stratégie de contenu cohérente, qualitative et durable ? Dans cet article, nous répondons à toutes ces questions – et bien d’autres.
Résumé : Que pense Google du contenu généré par l’IA ? Celui-ci peut-il être classé dans la SERP ? Quels sont les risques SEO à utiliser des textes produits à 100 % par la machine ? Dans cet article, découvrez 5 questions essentielles pour comprendre les relations entre Google et les contenus automatisés.
<h2>Le contenu généré par l’IA est-il pénalisé par Google ?</h2>
Soyons clairs sur cette question : non, Google ne pénalise pas stricto sensu le contenu généré par l’IA. En revanche, la firme punit le contenu créé dans le seul but de manipuler les résultats de recherche, conformément à ses règles concernant le spam.
Cette position mérite quelques explications.
Après avoir associé le contenu IA à du spam en 2022 par la voix de son « webmaster en chef » John Mueller, Google a largement rétropédalé un an plus tard, allant même jusqu’à réécrire quelque peu l’histoire.
Dans ses guidelines datées de 2023, en effet, l’entreprise affirme que l’intelligence artificielle « peut nous aider à améliorer notre capacité à fournir des informations utiles ». Elle se propose même de « récompenser les contenus de haute qualité, quelle que soit la façon dont ils sont produits », comprenez : même s’ils sont générés par ChatGPT plutôt que par un humain.
Pour autant, Google affiche clairement sa volonté de pénaliser le contenu créé dans l’unique but de se positionner artificiellement dans la SERP (page des résultats). La mise à jour principale (Core Update) de mars 2024 cible spécifiquement ce type de production, aux côtés d’autres méthodes clandestines, toutes liées à l’IA générative, comme :
- le fait de produire des quantités excessives de contenus à faible valeur ajoutée ;
- la publication massive de contenu sur des sites tiers sans contrôle de la part du propriétaire (la firme parle d’ »utilisation abusive de la réputation d’un site ») ;
- la réutilisation de domaines expirés pour héberger des contenus de faible valeur.
En somme, pour traiter du contenu généré par l’IA, Google met en avant son combat contre les ressources de mauvaise qualité, celles-ci ayant existé de tout temps.
<h2>Comment Google détecte les contenus générés par l’IA ?</h2>
Le moteur peut-il faire la différence entre un contenu généré par l’IA et un texte issu d’un cerveau humain ?
La réponse est oui, mais seulement dans un cadre strict.
Google a développé des systèmes innovants pour identifier les contenus produits par les LLM (grands modèles de langage) en se basant sur des structures spécifiques et sur un ensemble d’empreintes (footprints) typiques de l’intelligence artificielle.
À titre d’exemple, des modèles d’analyse linguistiques traquent, dans les textes présents sur le web, des schémas trahissant une génération automatisée :
- la répétition de certaines structures de phrases et de transitions prévisibles ;
- l’organisation trop uniforme du contenu ;
- l’utilisation d’un vocabulaire standardisé (on retrouve souvent, dans un texte IA, les mêmes tournures de phrases et expressions génériques) ;
- le manque de profondeur sémantique ;
- l’absence de nuances contextuelles : références culturelles, exemples pratiques, anecdotes personnelles, etc.
Par ailleurs, le fait de publier plusieurs articles présentant des structures identiques sur une courte période aura tendance à déclencher des alertes internes.
Ceci étant dit, il faut bien comprendre que le but n’est pas de les pénaliser de manière systématique : il s’agit avant tout de détecter les contenus qui ont vocation à manipuler les algorithmes de classement sans apporter de valeur aux utilisateurs.
Pour ce faire, Google s’intéresse moins à la structure des contenus qu’aux signaux comportementaux donnant des indications sur les interactions réelles entre les utilisateurs et les pages concernées. Ces signaux permettent de mesurer la valeur perçue d’un contenu, par exemple :
- un temps de lecture très court (l’internaute ne consomme pas le contenu) ;
- un taux de rebond élevé (l’internaute repart aussi vite qu’il est venu) ;
- une absence d’engagement (l’internaute n’interagit pas avec le contenu) ;
- un parcours fragmenté (l’internaute ne visite pas d’autres pages du même site) ;
Retenez que Google s’appuie sur un faisceau de critères en croisant des données linguistiques et comportementales. De leur côté, les entreprises peuvent s’orienter vers des outils dédiés – des détecteurs d’IA – pour vérifier leurs contenus avant de les publier et évaluer le risque qu’ils soient considérés comme du spam par les algorithmes.
Le contenu produit par l’IA peut-il se positionner dans la SERP ?
La question est d’autant plus importante que les stratégies de référencement naturel restent pertinentes, même dans un contexte d’essor de la recherche assistée par l’intelligence artificielle.
En théorie, Google indexe et classe les contenus créés par l’IA comme il le fait pour n’importe quel texte.
Mais, dans les faits, toutes les ressources générées par des algorithmes ne sont pas logées à la même enseigne. Les règles sont identiques pour tous les contenus : le positionnement dans la SERP dépend de leur utilité, de leur originalité et de leur conformité avec les concepts de l’E-E-A-T (expertise, expérience, légitimité et fiabilité).
Autrement dit, en matière de SEO, la qualité est plus importante que la méthode de production du contenu, le but étant de fournir aux utilisateurs des résultats fiables et pertinents, à forte valeur ajoutée. Google appelle de ses vœux des contenus people-first, et ce souhait n’a pas changé avec la révolution de l’IA.
L’algorithme intègre ces contenus dans ses classements en s’appuyant sur les mêmes critères qu’il applique à tout contenu. En pratique, chaque page est évaluée selon son utilité et sa pertinence, par le biais de plusieurs critères :
- la capacité du contenu à apporter des informations substantielles et à répondre à l’intention de recherche ;
- l’originalité de l’angle choisi pour traiter le sujet ;
- la cohérence thématique entre le contenu et le reste des pages liées au même domaine (soutenue par un maillage pertinent entre les URL) ;
- les signaux comportementaux déjà cités plus haut : taux de rebond, temps passé sur la page, tendance à rester sur le site, etc.
Concrètement, un contenu généré par l’IA qui répond à l’intention de recherche, apporte de la valeur et satisfait l’utilisateur a toutes les chances de bénéficier d’une pondération favorable par l’algorithme. Seule l’expérience utilisateur compte.
D’ailleurs, toujours dans ses guidelines, Google souligne que « l’automatisation est utilisée depuis longtemps pour générer des contenus utiles comme les résultats sportifs, les prévisions météorologiques et les transcriptions », et que « l’IA peut permettre de développer de nouveaux niveaux d’expression et de créativité [et] aider les utilisateurs à créer des contenus de qualité pour le web ».
<h2>Quels sont les risques SEO liés à une mauvaise utilisation de l’IA générative ?</h2>
Une mauvaise utilisation de l’IA pour générer des contenus vous expose à des risques SEO spécifiques.
Comme indiqué plus haut, Google ne fait pas la chasse aux textes automatisés, mais aux pages qui apportent peu de valeur, ne favorisent pas une bonne expérience utilisateur, et sont manifestement créées pour manipuler l’algorithme. Il est donc essentiel de prêter attention à ces risques dans l’utilisation de l’IA générative :
- le manque de qualité et d’authenticité. Les contenus 100 % générés par l’IA ont tendance à être trop génériques, homogènes et, in fine, peu intéressants à lire. De quoi affecter l’image de marque de l’entreprise qui les publie en masse, et entraîner mécaniquement une baisse dans les classements SEO ;
- le risque de subir des pénalités. La production massive de contenus IA dans le but de tricher avec l’algorithme est mal vue par Google, qui n’hésite pas à les classer comme spams ;
- la baisse du volume de trafic. À la suite de la mise à jour principale de mars 2024, de nombreux sites qui utilisaient l’IA pour générer du contenu massivement ont vu leur trafic chuter lourdement, après une augmentation initiale. L’avertissement est limpide : le contenu de faible qualité publié sans supervision humaine peut être détecté par Google et entraîner une baisse de la visibilité dans la SERP.
Ces risques ne doivent pas être pris à la légère : ils peuvent avoir un véritable impact non seulement sur le positionnement des pages dans la SERP, mais aussi – et c’est plus grave – sur la notoriété de l’entreprise.
<h2>Comment intégrer efficacement l’IA générative dans sa stratégie de contenu SEO ?</h2>
En dépit de tout ce que vous avez lu jusqu’à présent, vous pouvez être tenté·e de publier du contenu généré par l’IA. Sur ce point, il n’y a pas d’interdiction concrète, seulement des risques à prendre en compte et une certaine forme de prudence à appliquer.
Maintenant, il est tout à fait possible d’intégrer l’IA générative à votre stratégie de contenu de manière pertinente, efficace et conforme aux directives de Google, dans une perspective SEO.
Pour cela, l’idée est d’utiliser l’IA comme un outil d’assistance plutôt que comme un substitut complet. Car en faisant de l’algorithme le rédacteur final de votre contenu, vous allez obtenir un produit générique et de peu de valeur qui risque de se noyer dans la masse, voire d’être pris en grippe par Google.
En revanche, l’IA s’avère précieuse pour prendre en charge certaines tâches stratégiques :
- la structuration d’une idée ;
- l’établissement d’un plan détaillé ;
- la recherche de sources et de chiffres (à vérifier absolument, l’IA ayant tendance à inventer des faits et des données) ;
- l’identification des différents angles possibles pour traiter un sujet ;
- le benchmarking ;
- l’accélération de la production éditoriale ;
- la correction et la vérification des informations (fact-checking) ;
- l’optimisation sémantique et SEO.
En d’autres termes, il est possible de se reposer sur l’IA pour bâtir des fondations solides, sans pour autant la laisser construire tout le bâtiment. À vous de transformer son ébauche en un texte pertinent, à forte valeur ajoutée et performant, en mettant en avant votre expertise, votre expérience et – pourquoi pas – votre point de vue personnel.
Bref, il vous revient de produire un contenu d’une qualité telle qu’aucun algorithme n’aurait pu faire mieux, même aidé d’un excellent prompt IA.
Retenez ceci : en matière de contenu généré par l’IA, l’automatisation facilite le processus, mais c’est l’humain qui apporte la valeur.
Sources :
- https://developers.google.com/search/blog/2023/02/google-search-and-ai-content?hl=fr
- https://www.seo.com/fr/blog/google-and-ai-content/
- https://www.noiise.com/ressources/seo/redaction-par-ia-impact-referencement-google/
- https://www.growupseo.fr/blog/contenus-generes-par-ia-google-ponderation-seo/
Visuel d’en-tête : © Google DeepMind – licence Pexels