Ecriture inclusive : quel impact sur votre SEO ?

L'équipe hREF
23 mars 2022

Elle prend différents noms, mais suscite toujours le débat. L’écriture inclusive, parfois appelée non-sexiste, neutre ou non genrée, se réfère à certaines « attentions » orthographiques et syntaxiques. Souvent symbolisées par le point médian, dont l’objectif est de promouvoir l’égalité femmes-hommes dans le langage écrit. 

Mode passagère ou non, l’écriture inclusive tend aujourd’hui à se répandre sur le net, beaucoup d’éditeurs de site l’adoptant pour envoyer un signal positif en faveur de l’égalité entre les sexes. Si l’on peut s’en réjouir, écrire en inclusif n’est pas sans conséquences. Outre son manque de lisibilité souvent pointé par les lecteurs, l’écriture inclusive peut également affecter le référencement de vos pages. Pourquoi ? Nos explications pour vous aider à y voir clair.

L’écriture inclusive : qu’est-ce que c’est ?

Avant d’être une pratique courante chez les rédacteurs, l’écriture inclusive s’appuie sur une réflexion menée par des linguistes, sous l’influence de mouvements féministes, depuis près de 40 ans. Le postulat de départ est simple : la langue écrite constitue, combinée à d’autres facteurs, un levier puissant de domination sociale des hommes sur les femmes.

Comme le souligne un rapport de 2015 du Haut conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCEFH), « la langue reflète la société et sa façon de penser le monde. Ainsi, une langue qui rend les femmes invisibles est la marque d’une société où elles jouent un rôle second. C’est bien parce que le langage est politique que la langue française a été infléchie délibérément vers le masculin durant plusieurs siècles par les groupes qui s’opposaient à l’égalité des sexes. »

l’écriture inclusive tente d’équilibrer les pratiques scripturales en adoptant certaines "conventions" plus respectueuses des femmes dans la langue
© StockSnap – Licence Pixabay

En effet, la langue française n’a pas toujours marqué la prédominance du masculin, en matière d’accord notamment ou des noms de fonction. Comme le souligne le journal Le Monde, « Jusqu’au XVIIe siècle, les noms des métiers et des dignités exercées par des femmes étaient au féminin’ […] On disait alors ‘charpentière’, ‘prévôte’ ou ‘moissonneuse’. La règle d’accord de proximité voulant que le dernier mot l’emporte, et non le masculin, était courante. »

En ce sens, l’écriture inclusive tente d’équilibrer les pratiques scripturales, en accordant à nouveau une place visible au féminin dans la langue écrite. Concrètement, cette pratique vise à rédiger un texte en adoptant certaines « conventions » plus respectueuses des femmes dans la langue. On peut, par exemple :

  • féminiser les noms de métiers, les titres et les fonctions. Une écrivaine, une cheffe, une ingénieure, une agente… ;
  • employer le féminin et le masculin de concert, en énumérant les deux formes d’un mot (tous et toutes, les agents et les agentes du service publique…). Ou, pour plus de concision, en utilisant un signe typographique pour réunir les deux genres dans un même mot. Il peut s’agir du tiret (les lecteur-rices), du point bas (lecteur.rices) ou du très controversé point médian (lecteur·rices) ;
  • recourir aux termes épicènes, c’est-à-dire des termes qui conservent une forme identique sans relation au genre de celui ou celle à qui l’on s’adresse. Personne, diplomate, fonctionnaire, parlementaire…

Quelles sont les conséquences et quels risques pour le SEO ?

S’il est un élément crucial sur lequel il faut être attentif en matière référencement, il s’agit bien des textes que vous publiez sur votre blog ou votre site. C’est la matière de base que vont analyser les algorithmes pour vous classer sur les SERPs. Il est donc normal, avant de se mettre à employer l’écriture inclusive, de s’interroger sur la manière dont elle sera « reçue » par les robots indexeurs.

Les conséquences de l'écriture inclusive sur le SEO
© fancycrave1 – Licence Pixabay

Vous le savez, un des principes fondamentaux du référencement repose sur l’analyse des requêtes faites par les utilisateurs. En d’autres termes, pour que votre page soit bien placée sur les SERPs, les écrits que vous y publiez doivent apporter une information pertinente sur le sujet recherché. Mais doivent surtout correspondre aux formulations et aux mots clés les plus fréquemment employés par les internautes.

Malheureusement pour éditeurs sensibles à l’égalité femmes-hommes, rare sont ceux qui formulent leurs requêtes en utilisant l’écriture inclusive. En conséquence, ce mode d’écriture n’est pas aujourd’hui bien considéré par les moteurs et donc peu susceptible de faire monter votre page dans les résultats de recherche. En somme, l’usage de l’écriture inclusive n’est pas pour le moment, tant qu’elle n’est pas largement employée, une bonne idée en termes de SEO.

Ajoutons pour finir, en fonction du type d’écriture inclusive que vous souhaitez utiliser, que certains des signes typographiques (le point médian notamment) peuvent brouiller la lecture des robots indexeurs. Ce qui n’est jamais bon pour bien se faire référencer.

Nos conseils pour utiliser l’écriture inclusive sans nuire à votre positionnement SEO

Pour les plus convaincus d’entre vous par la cause des femmes, tout espoir n’est pourtant pas perdu. Certes l’usage de l’écriture inclusive, celle friande du point médian en particulier, n’est pas du goût des algorithmes. Il reste, en revanche, possible de trouver un compromis entre les exigences des moteurs et un meilleur équilibre féminin-masculin dans vos écrits.

Utiliser des formules ou des termes « englobants »

Parmi les conventions retenues par l’écriture inclusive, l’emploi des termes épicènes, évoqués plus haut, est recommandé. Parce qu’ils sont déjà largement utilisés et qu’ils ne présentent aucune anomalie typographique, ils font très bon ménage avec les moteurs. Tout comme l’énumération des formes masculines et féminines. Par ailleurs, rien ne vous empêche de recourir à des expressions dites englobantes. Désignant un ensemble de personnes et neutre en termes de genre (le corps préfectoral, le conseil municipal, l’équipe encadrante…), ou tout simplement génériques (la clientèle).

Nos conseils pour utiliser l'écriture inclusive sans nuire à votre positionnement SEO
© bzak – Licence Pixabay

Doubler les articles

Autre pratique tout à fait compatible avec le SEO, le doublement des articles féminin et masculin. Ainsi quand c’est possible, même ce n’est pas toujours très agréable à la lecture, peut-on par exemple écrire « le ou la boulangère pétrit le pain ».

Choisir ses illustrations

Outre le langage écrit, il existe une autre option pour mieux représenter les femmes dans vos publications. On le sait, un texte ou un post sur les réseaux sociaux sans visuel aura moins de succès. Dès lors, pourquoi ne pas utiliser des illustrations pour promouvoir la place des femmes et lutter contre les stéréotypes (la photo d’une équipe féminine pour illustrer un article sur le sport ou d’une femme réparant un moteur pour illustrer un article consacré à la mécanique) ?

Vous l’avez compris, l’écriture inclusive est, parce qu’elle n’est pas en adéquation avec les usages des internautes ou parce qu’elle use de signes typographiques auxquels ne sont pas habitués les moteurs, plutôt contre-indiquée pour performer sur les moteurs. En revanche, de nombreuses formulations sont possibles pour équilibrer la présence du féminin et du masculin dans vos écrits. Dans tous les cas, rappelez-vous que produire un bon contenu nécessitera une certaine expertise en matière de rédaction. Pourquoi ne pas vous faire accompagner par une agence éditoriale web ?

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