Google MUM : tout comprendre au nouvel algorithme de Google

L'équipe hREF
8 avril 2022

On aurait tort de voir un moteur de recherche comme une structure fixe et immuable. Au contraire, c’est un outil dynamique qui évolue en continu, au gré des mises à jour de son algorithme. Grâce à ces innovations, le Google de 2022 diffère grandement du Google de 2000 ou de 2010 – au profit des internautes, susceptibles de trouver des résultats plus nombreux et de meilleure qualité. L’amélioration perpétuelle de l’algorithme du plus célèbre moteur de recherche vise en effet à satisfaire toujours plus les utilisateurs. La dernière mise à jour en date, MUM, ne fait pas exception : le successeur de BERT, biberonné à l’intelligence artificielle, promet d’affiner les réponses apportées aux requêtes les plus complexes. On vous explique comment fonctionne Google MUM, et ce qu’il va changer à votre manière de pratiquer le SEO dans les années à venir.

À quoi sert Google MUM ?

Google MUM (pour « Multitask Unified Model », ou modèle unifié multitâche en français) désigne une nouvelle fonctionnalité de l’algorithme du moteur de recherche Google. Cette mise à jour est annoncée comme étant 1 000 fois plus puissante que BERT, dont elle reprend grosso modo le principe et la technologie : une couche d’intelligence artificielle matinée de deep learning (une version plus poussée du machine learning qui consiste à donner à un programme informatique une certaine autonomie), mais en bien plus poussée.

Pour comprendre l’utilité de Google MUM, il faut revenir sur le fonctionnement d’un moteur de recherche. Lorsqu’un internaute tape une requête, l’algorithme va chercher les pages les plus pertinentes dans le but de répondre à cette demande en farfouillant dans l’index qu’il a consciencieusement constitué. Le plus souvent, ces requêtes sont « simples » (avec des termes génériques : « assurance auto », « restaurant à proximité », etc.) et communes (elles ont déjà été formulées de nombreuses fois auparavant), ce qui fait que Google sait comment y répondre au mieux.

Mais il arrive que les recherches des internautes soient complexes et/ou inédites. Non seulement la proportion de recherches nouvelles est relativement élevée (15 % de l’ensemble des demandes, ce qui équivaut tout de même à 500 millions par jour – source) mais, dans leur ensemble, les requêtes s’avèrent toujours plus complexes : près de 70 % d’entre elles contiennent quatre mots ou plus (source), ce qui en fait des expressions « longue traîne ».

Google MUM est le nouvel algorithme du moteur de recherche
© Seanbatty – Licence Pixabay

Vous ne serez pas surpris(e) d’apprendre que ces requêtes sont plus difficiles à traiter pour Google. Pour deux raisons :

  1. Elles nécessitent de mieux comprendre le fonctionnement du langage, notamment parlé (car plus une requête est longue et plus il y a de chances qu’elle soit écrite en « langage naturel », c’est-à-dire proche d’une formulation orale).
  2. Elles supposent de multiplier les tentatives pour parvenir à trouver LA réponse pertinente, en raison du nombre de paramètres à prendre en compte.

Pour illustrer ce propos, vous reconnaîtrez qu’il est plus aisé pour un moteur de recherche de répondre à une demande du type « chaussures running » que de dénicher des contenus pertinents pour une question comme « quelles chaussures de running pour un trekking dans les Alpes cet été ? ».

Et c’est sur ce point que Google MUM ambitionne d’apporter son grain de sel.

Comment fonctionne l’algorithme MUM de Google ?

Face à une requête complexe, Google estime qu’il faut en moyenne 8 tentatives (donc 8 recherches successives) pour tomber sur des résultats pertinents. Pour une plateforme dont la raison d’être est d’apporter des solutions précises le plus rapidement possible, il y avait là un défi à relever. L’aboutissement, c’est Google MUM.

Exemple de requête complexe

Lors de la présentation de la fonctionnalité en mai 2021, le « monsieur R&D » de la firme de Mountain View, Pandu Nayak, a fourni à l’auditoire un exemple de ce qu’il entend par « requête complexe ». L’exemple était le suivant :

« J’ai parcouru le mont Adams. Maintenant, je veux faire de la randonnée sur le mont Fuji l’automne prochain, et je veux savoir quoi faire différemment pour me préparer. »

Les deux difficultés soulevées plus haut sont présentes : la requête est longue, et elle cumule les paramètres invisibles (induits par la formulation de la demande, mais pas exprimés explicitement).

Afin d’y répondre, Google doit tenir compte de tous ces paramètres pour comparer les deux montagnes (géographie, altitude, difficultés inhérentes…), identifier les conditions météorologiques (températures moyennes pendant la saison indiquée, historique des intempéries…), estimer les différences dans la préparation pour affronter ces deux montagnes, puis évaluer l’équipement incontournable.

Google MUM a pour but de traiter les requêtes complexes
© geralt – Licence Pixabay

Au vu de la multitude des informations à traiter en même temps, dans des formats distincts (textes, images, vidéos…), et dans des langues différentes (l’anglais pour le mont Adams qui se trouve aux États-Unis, le japonais pour le mont Fuji), il semble en effet impossible de satisfaire cette requête en une seule fois, faute d’avoir une page précisément optimisée là-dessus.

Les fonctionnalités de Google MUM

La tâche attribuée à Google MUM consiste donc à prendre en compte la complexité de la demande et à y apporter des réponses qui s’approchent au maximum de l’intention initiale de l’internaute. Dans ce but, l’algorithme a été conçu pour être à la fois multilingue, multimodal et multitâche.

  • Multilingue. Jusqu’à présent, Google vous propose des résultats rédigés dans la langue qui correspond à votre requête ou, le cas échéant, en tenant compte de votre localisation si la langue est indéterminée (un nom de marque, par exemple). Mais ces barrières linguistiques n’existent (presque) plus pour Google MUM : l’algorithme maîtrise 75 langues différentes et, mieux encore, est capable de générer lui-même du contenu en traduisant instantanément des ressources qu’il juge pertinentes – en partant du principe que celles-ci ont plus de chances d’être rédigées dans la langue du pays concerné.
  • Multimodal. Les « bonnes » réponses à un problème pouvant être éparpillées dans des contenus de formats divers, Google MUM est capable d’extraire des informations quel que soit le type de contenu : image et vidéo en priorité, fichiers son dans l’avenir. Cette fonctionnalité passe notamment par Google Lens, l’application étant dotée de MUM depuis la fin de l’année 2021 : vous pouvez ainsi lancer une recherche à partir d’une image en ajoutant une requête écrite ou orale, et Google va considérer les deux demandes comme une requête unique. Par exemple, on peut poster l’image d’un plat appétissant et demander à Google d’en chercher les ingrédients.
  • Multitâche. Google est déjà en mesure de traiter plusieurs tâches en simultané, mais MUM va plus loin : langue, format, localisation de l’internaute, historique de recherches, regroupement des mots-clés, traduction instantanée, etc. Et il le fait toujours plus vite, toujours plus efficacement.
Google MUM dispose de plusieurs fonctionnalités
© mohamed_hassan – Licence Pixabay

Comment se préparer à Google MUM (du point de vue du SEO) ?

Avec chaque nouvelle mise à jour de l’algorithme de Google, tous ceux qui travaillent de près ou de loin à optimiser des pages web s’interrogent : en quoi ce changement va impacter le référencement naturel ? Et comment se préparer pour ne pas perdre des positions – et mieux encore, pour en gagner ?

En réalité, les contre-feux à lancer pour anticiper le déploiement de Google MUM ne sont pas nouveaux. Ce sont les mêmes leviers qui permettaient de tirer le meilleur parti de la mise à jour BERT : proposer des contenus toujours plus qualitatifs et pertinents qui ont pour objectif de répondre à des problématiques précises et d’apporter de la valeur ajoutée. Dans le détail, vous pouvez…

  • Travailler le champ sémantique de la page, sans vous arrêter aux seuls mots-clés : il faut enrichir au maximum le contenu et donner du contexte.
  • Optimiser les formats visuels (images et vidéos), parce qu’ils seront traités par MUM.
  • Plébisciter les mots-clés longue traîne rédigés en langage naturel, inspirés de la recherche vocale.
  • Appliquer les critères de l’EAT (Expertise, Authoritativeness & Trustworthiness) pour la rédaction des contenus.
  • Améliorer l’expérience utilisateur afin d’offrir une qualité de navigation optimale.

En somme, pour bien vous préparer à Google MUM, il suffit de poursuivre les efforts déjà consentis et de continuer à appliquer les bonnes pratiques de référencement naturel… Ou de commencer à le faire sans attendre !

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Visuel d’entête : © Tumisu – Licence Pixabay

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